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a) La politique coloniale:
Le phénomène colonial a été déterminant dans le refoulement de la question berbère, par ses stratégies politiques, militaires, économiques et culturelles (mythe de la politique berbère, destructions et répressions massives, expropriations, oppression, exploitation, dévalorisation de la langue berbère orale au profit de la langue française et parfois de la langue arabe). En raison de ses intérêts culturels au Moyen-Orient et fidèle à une tradition diplomatique et géopolitique musulmane depuis des siècles, la France ne pouvait concevoir une politique "Berbère" au Maghreb. Il y a au effectivement utilisation idéologique intensive de la spécifité "berbère" mais il n' a jamais eu de traduction concrète significative. Tout au long de la colonisation cette spécifité n'a constitué qu'un discours de division.
b) La crise au sein du PPA-MTLD:
Dans les deux premières phases du développement du mouvement national (1926-1937 et 1945-1949), un courant radical formé en grande majorité de berbérophones, a essayé d'orienter le mouvement vers une direction socialiste, démocratique et laïque avant de le propulser dans la lutte anticoloniale ouverte. Dans les années 45-50, Ils ont en particulier demandé la redéfinition de l'identité nationale et des structures du mouvement. Suspects et combattus, vus comme des traîtres, on a ordonné leur liquidation politique et parfois physique. Bénéficiant d'un soutien au Maghreb et au Moyent Orient, les milieux arabo-islamiques ont réussi à investir le mouvement national et à lui imposer leur orientation. Cette crise, dite "berbériste", résolue de manière violente et bureaucratique, a entra"né la mise en parenthèse de la question berbère durant toute la période de la guerre de libération.
2. De l'indépendance au printemps berbère:![]()
Très vite après 1962, sont relayées l'idéologie baathiste et les pratiques du PPA-MTL, restées en vigueur pendant la guerre de libération. Les actes de répression s'accentuaient contre la culture berbère. Cette répression allait provoquer dans la jeunesse en Kabylie, à Alger et en émigration, une prise de conscience considérable. Une véritable nébuleuse allait s'engager dans un formidable travail culturel et pédagogique . La vision politique des problèmes de culture et de langue se diffusait dans la mouvance culturelle berbère. Un projet de société laïque et démocratique, pluraliste aux plans linguistique et culturel, se dessinait ouvertement. Ce processus parallèle de travail culturel et de politisation va permettre le "Printemps berbère".
1980 : Le printemps berbères :
L'Université de Tizi-Ouzou qui a ouvert ses portes en 1977 est devenue le lieu où le combat pour la culture berbère a vite mžri. Des problèmes de fond allaient être posés. L'événement qui allait tout déclencher est l'annulation de la conférence que devait donner Mouloud Mammeri à l'université de Tizi-ouzou. Ce dernier n'arrivera pas au campus universitaire, son véhicule fžt détourné sur le siège de la Wilaya. Ayant appris la nouvelle de l'arrestation, la population universitaire indignée s'organisait et diverses actions sont immédiatement envisagées par des militants de longue date dont le Dr SADI, actuellement Secrétaire Général du RCD, principal parti d'opposition démocratique. Cette mobilisation des citoyens a paralysé la Kabylie et commençait à se généraliser à travers tout le pays. Le pouvoir procède alors à la plus grande répression que l'Algérie indépendante n'ait jamais connue.
3. De 1980 à nos jours :
De 1980 au 28 /11/ 1996 cette période est caractérisée par les émeutes de 1988 et l'instauration du multipartisme politique. Depuis 1988, on a assisté à une très forte remobilisation pour le combat identitaire. L'événement majeur est la grève de l'école qui a duré pratiquement une année et qui a obligé les autorités à prendre en compte la revendication culturelle et linguistique. La création du HCA ( Haut Commissariat à l'Amazighité ) est un acquis important. Malgré certaines entraves, il a réussi à intégrer, pour la première fois dans l'Histoire de l'Algérie, Tamazight dans l'école algérienne. Le HCA, a préparé un programme ambitieux pour réhabiliter l'Amazghité en tant que Langue, Culture et Histoire.
Constitution du 28/11/1996 : Après l'élection du président Zéroual le 16 novembre 1995, l'on s'attendait à la constitutionnalisation de Tamazight en tant que langue nationale et officielle, comme il s'est engagé à la faire devant le peuple algérien. Le courant islamo-baathiste allait se mobiliser pour contrecarrer l'amazi(ité ( parfois de manière virulente, notamment à propos d'un séminaire que devait tenir le HCA à Batna ).
Par manque de courage politique, le Président Zéroual a préféré faire d'importantes concessions au courant conservateur que de satisfaire une revendication populaire et légitime. L'Amazighité, une des trois composantes de l'identité algérienne demeure marginalisée et non prise en charge par l'État. ![]()
Depuis bientôt deux semaines, la Kabylie est le théâtre d'affrontements sanglants entre les forces de l'ordre et une jeunesse en colère, à la suite du décès d'un lycéen tué dans les locaux de la gendarmerie. Le bilan actuel fait état d'une soixantaine de morts et de plusieurs centaines de blessés, les gendarmes n'ayant pas hésité à tirer sur la foule à balles réelles. De nombreuses organisations humanitaires ont exprimé leur profonde indignation, exigeant du pouvoir algérien qu'il ordonne une enquête impartiale sur les événements de ces derniers jours et cesse de recouvrir du voile de l'impunité les exactions innombrables commises par l'armée depuis plusieurs années.
La mort du jeune homme, tué dans la gendarmerie de Beni-Douala, une localité proche de Tizi Ouzou, a été le catalyseur d'une révolte longuement contenue par une population en proie à une oppression tant politique qu'économique et culturelle.
En effet, si les Berbères de Kabylie souffrent, comme beaucoup d'Algériens, d'un manque cruel d'emplois et de logements, ils font aussi l'objet, depuis des décennies, d'un véritable déni de leurs droits fondamentaux : alors qu'ils composent près du tiers de la population de l'Algérie, leur langue (le Tamazight) n'a pas de reconnaissance officielle et leur culture est en
but aux outrages de l'arabisation forcée conduite par les autorités depuis l'indépendance. A tel point que le gouvernement a interdit, en 1980, une conférence sur la poésie berbère, déclenchant une vague de protestations qui fut violemment réprimée... Le "Printemps berbère" venait de naître et c'est à sa nouvelle et rouge floraison que nous assistons aujourd'hui, vingt-et-un an plus tard.
Pourtant, les Berbères ne demandent rien que le pouvoir ne puisse leur accorder : il n'est point question de séparatisme, mais seulement d'une autonomie sur le plan de l'éducation, de la culture et de la langue, seule façon de retrouver un peu de dignité. Face à des revendications aussi raisonnables, l'attitude du gouvernement algérien semble difficile à comprendre. En effet, promouvoir les droits fondamentaux des Berbères pourrait apparaître comme la démarche naturelle d'un régime soucieux de faire obstacle à la montée de l'islam radical.
Or, c'est précisément en sens inverse que les autorités se dirigent, prenant le risque de jeter une jeunesse exaspérée dans les bras des mouvements islamistes armés. Mais c'est que le pouvoir lui-même souffre d'affections qui handicapent sa lucidité : insuffisance de démocratie, omniprésence des généraux dans les hautes sphères du pouvoir, mépris des droits humains, luttes internes, corruption et discrimination sont les tumeurs qui le rongent, le poussant au monolithisme alors que la nation a un besoin urgent de libertés, de promotion de l'individu, de pluralisme culturel et linguistique... Bref, de tout ce qui permet à une société de se développer harmonieusement et de dépasser les épreuves lorsqu'elles se présentent. En somme, les Berbères n'aspirent à rien d'autre qu'à rester fidèles à eux-mêmes, refusant une fatalité qui les contraindrait de choisir entre des dirigeants qui les méprisent et des fanatiques prompts à les asservir.
Une requête simple et juste, mais que seul un pouvoir libéré de ses vices serait apte à leur accorder. Mais combien d'hivers rigoureux faudra-t-il avant que fleurisse ce printemps ?
Toutes les revendications identitaires ont été montrées comme des tentatives d'atteinte à l'unité nationale et de division. Mais comme l'a très bien dit Kateb Yacine : Quels sont réellement les diviseurs? Ne sont-ils pas ceux qui nient et qui étouffent Tamazight, notre première langue nationale. Ne sont-ils pas ces faux patriotes, les négateurs d'eux-mêmes ? Ceux qui ont honte de leurs origines et qui, en plus s'acharnent sur leur propre culture, leur propre identité.
Aker... aker.... Un cri de détresse d'un amazigh
"La supériorité d'un peuple ne se mesure pas aux services rendus , elle est indépendante du jugement motivé de l'Histoire. Pour le prouver il faut montrer qu'elle s'est conservée intacte fut-ce dans la médiocrité." Et puis après tout, nous avons résisté à toute assimilation, nous pouvons être fiers d'être restés nous même depuis des millénaires. En effet bien que les Pharaons aient laissé des vestiges merveilleux universellement admirés, l'Égypte ancienne est morte parce que sa langue a disparue, tout comme sont morts les Chaldéens, les phéniciens, les Aztèques et les Incas.
IL existe un seul moyen d'assurer la perinité d'un peuple, c'est de maintenir sa langue expression profonde de sa culture. Tous ces mots sont très beaux!! mais il me semble qu'ils sont semblable au héros parodique que Cervantès a crée. Bien sur vous l'aviez compris il s'agit bien de... Don Quichotte. Ce personnage de roman a non seulement accomplie des exploits caricaturaux, mais aussi il a prononcé de sages discours. Ce qui me mène à entrer dans le vif du sujet. Comme vous l'aviez compris dès la lecture du titre je voudrais parler du Mouvement Culturel Berbère. Car une fois encore l'Histoire est un éternel recommencement. Et cette fois-ci je pense qu'on s'approche du " to be or not to be " Que voulez-vous! C'est ainsi que sont faites les choses! On est naïf de nature. Et on voit pas plus le long que notre nif heureusement qu'en général ils sont longs( les nifs bien sûrs!!!).
Nous revoilà au point de départ, nous avons rien appris ni de la trahison de JUGURTHA par boccus ni plus récemment de celle de Abbane par Krim et de..., et de...., etc... La liste est longue...
