Dimanche 14 Mai 2006

Le funk est une forme de musique afro-américaine apparue à la fin des années 1960, et qui s'est développée au cours des années 1970

Histoire

Issu principalement de la soul et du jazz, le funk se caractérise par la prédominance de la section rythmique (guitare, basse, batterie) qui joue des motifs syncopés, la présence quasi-systématique de cuivres sur des ponctuations rythmiques (riffs) ou bien des solos, et de manière générale, par la grande place accordée aux instruments.
Contrairement à la soul traditionnelle qui privilégie le format « chanson » et le tandem chanteur-producteur, un morceau funk est une œuvre collective, construite sur un
groove extensible et modulable à volonté qui permet aux vocalistes et instrumentistes d'intervenir à parts égales.
On distingue plusieurs écoles de
funk:

• Au début des années 1960, le funk garde encore une bonne part de ses racines rhythm'n'blues et soul, et les paroles insistent sur la défense des Noirs. James Brown en sera le parrain, qu'on surnommera d'ailleurs « The Godfather Of Funk   ». En réalité, le véritable inventeur du funk fut plutôt son saxophoniste Maceo Parker. Dans cette veine, citons aussi The Meters, un groupe de La Nouvelle-Orléans, ville autrefois française dont l'histoire musicale et l'existence de son carnaval prédisposaient à être un des berceaux du funk. L'instrumentation y est dépouillée, le jeu y est débridé et foisonnant, l'esprit reste rhythm'n'blues. On parle de la vie de tous les jours, des difficultés du ghetto.

• Vers la fin des années 1960, durant toutes les années 1970 et jusqu'au début des années 1980, un autre style se déploie, qui prend ses distances avec la réalité. Amorcé par le funk psychédélique assaisonné au rock de Sly & The Family Stone, il aboutira a la naissance de la galaxie P-Funk (pour Pure Funk) de George Clinton qui mélangera toutes les influences du moment à un groove irrésistible. Parliament, Funkadelic, P-Funk Allstars : ces groupes s'amusent a imaginer qu'ils débarquent d'un vaisseau spatial pour libérer les humains des forces négatives d'un monde sans funk ! Le nom des tournées est éloquent: « The P-Funk Intergalactic U.S. Tour » par exemple. Orchestre à géométrie variable (parfois plus de 40 musiciens sur scène!),expérimentations sonores, extravagances, délires et drogues à foison. Souvent rejetés par les puristes car flirtant avec des formes plus commerciales comme le disco, des groupes comme Earth, Wind and Fire ou Kool & The Gang jouent une musique sophistiquée, dans laquelle la production prend une place plus déterminante.

• A la fin des années 70, le recours aux boîtes à rythme, aux platines vyniles et aux dernières générations de synthétiseurs est concomitante à la disparition des grands funkbands devenus trop chers à produire en concert. Armés de platines bricolées, les premiers Dj, comme Grand Master Flash, jouent les disques de funk de leur enfance en les triturant via des tables de mixages et inventent les premières techniques de scratching. C'est la relève : les groupes comme Sugarhill Gang, Troublefunk,et bien d'autres seront la base funky de la future révolution hip-hop. Finis les textes cosmiques et autres délires psychédéliques, la jeune génération reparle du ghetto et de son quotiden. On se trouve à la charnière entre le funk et le hip hop, dont le meilleur exemple est le fameux « Rapper's Delight » de Sugarhill Gang, ou l'énorme « Drop the Bomb » de Troublefunk. Ils ouvriront la voie aux véritables premières stars du hip hop : KRS-One, Public Enemy...

• Les années 1980 marquent la dernière étape de l'évolution du funk. Le genre s'oriente alors vers l'électronique, les beats sont plus étayés avec un jeu basé sur la grosse caisse, la caisse claire et le charley. La basse, dont l'apogée pourrait être l'année 1982 (voir le LP de Stanley Clarke Let me know you) et le synthétiseur, beaucoup plus marqué en 1984, forment l'essence de la mélodie. Des sons caractéristiques - ces petits sons fuyants et entraînants - sont depuis samplés et réutilisés dans de nombreux genres : pour s'en rendre compte il suffit d'écouter quelques morceaux choisis de rap West Coast, qui réutilisent de nombreux sons et morceaux.

Un déclin relatif du funk - ou son recyclage ? - s'amorce en 1985, qui voit la naissance de l'électro avec des artistes comme Colonel Abrams. En 1988-1989, la naissance du New Jack Swing et de la Dance incarnée par le célèbre My love Is Right contribue à son éclipse.

Aujourd'hui, le funk reste un genre qui insémine de nombreux morceaux : l'écoute successive de
Atomic Dog de Funkadelic (1982), puis de What's my name de Snoop Doggy Dogg en est un bel exemple.
Les disques de la grande époque funk attirent toujours de nombreux amateurs, comme en témoignent les nombreux vynils qui circulent sur les sites d'enchères ainsi que le nombre de conventions discographiques en France, qui réunissent les passionnés.

Quelques artistes      

 Alec Mansion
 Ago
 Babe Ruth
 Bar-Kays
 Billy Ocean
 Bloodstone
 Bootsy Collins
 Booker Jameson
 Brenda Fassie
 Cameo
 Change
 Chemise
 Cheri
 Chic
 Chocolate Milk
 Cookie
 Cory Daye
 Curtis Mayfield
 Cymande
 James "D-Train" Williams
 Delegation
 Double Journey
 Earth, Wind and Fire
 Flowchart
 Freeez
 George Duke
 George Clinton
 Gwen McCrae
 Harvey Manson
 Haywoode
 Headhunters
 Heat Wave
 High Fashion
 Howard Johnson
 Intrigue
 Intruders
 James Brown
 Jimmy Horne
 Jones Girls
 Lakeside
 Luther Vandross
 Kool & The Gang
 Lakeside
 Maceo Parker
 Mandrill
 Mary Jane Girls
 Meters
 Mtume
 Mystic Merlin
 Ohio Players
 O'Jays
 Oliver Cheatam
 One Way
 Parliament/Funkadelic
 Prince
 Rick James
 Roy Ayers
 Shalamar
 Secret Weapon
 Sister Sledge
 Skyy
 Slick
 Sly & The Family Stone
 SOS Band
 Stanley Clarke
 Starpoint
 The Brothers Johnson
 The Brooklyn Bronx & The Queen Band
 The Meters
 War
 Young & Company
 Zapp

         Définition de la musique Funk

Ses origines sont lointaines, et le terme funk servait déjà en 1950-60 à baptiser le grand retour du jazz à l'engagement physique du blues et du gospel. Un batteur comme Art Blakey avec ses tournures musicales proche de la transe, est l'exemple d'un jazzman qui a jeté les bases d'un style nouveau. L'incontestable père du funk est bien évidemment the godfather of soul : James Brown, et la plupart de ses musiciens ont un rôle à jouer dans l'évolution de ce courant. Son ex-bassiste, Bootsy Collins anime, avec le chanteur George Clinton la communauté de Detroit baptisée " P.Funk ", véritable groupe surréaliste générateur de deux des meilleurs orchestres du genre, Funkadelic et Parliament. Anciens musiciens de James, Fred Wesley, Maceo Parker et Pee Wee Ellis, alias les JB's pour un temps, ont eux aussi leurs influences.

Dans les années 70 et 80, la soul music éclate en trois directions très distinctes. En tant que telle, elle conserve ses figures emblématiques, tout en évoluant vers des nouveaux sons (avec l'avènement des nouvelles technologies musicales). La disco, avec son esthétique bien connue, fait son apparition. C'est donc un peu en réaction à ces formes commerciales convergeant avec la pop du moment que se développe une forme plus radical et agressive de soul, le funk, dont les interactions avec le jazz sont considérables.
Comme le jazz, l'origine du mot funk est en rapport avec la sueur tirée de l'effort (exclusivement sexuelle selon certaines sources). Le rythme est binaire, solide, avec ses temps forts (cf l'importance du 1er temps dans le P-funk), mais syncopé, et principalement assuré par la ligne de basse (souvent jouée en slap).


publié par norfunk dans: norfunk

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