| Dans les années 70 et 80, la soul music éclate en trois directions très distinctes. En tant que telle, elle conserve ses figures emblématiques, tout en évoluant vers des nouveaux sons (avec l'avènement des nouvelles technologies musicales). La disco, avec son esthétique bien connue, fait son apparition. C'est donc un peu en réaction à ces formes commerciales convergeant avec la pop du moment que se développe une forme plus radical et agressive de soul, le funk, dont les interactions avec le jazz sont considérables. Comme le jazz, l'origine du mot funk est en rapport avec la sueur tirée de l'effort (exclusivement sexuelle selon certaines sources). Le rythme est binaire, solide, avec ses temps forts (cf l'importance du 1er temps dans le P-funk), mais syncopé, et principalement assuré par la ligne de basse (souvent jouée en slap). |
Le funk est une forme de musique afro-américaine apparue à la fin des années 1960, et qui s'est développée au cours des années 1970




Histoire
Issu principalement de la soul et du jazz, le funk se caractérise par la prédominance de la section rythmique (guitare, basse, batterie) qui joue des motifs syncopés, la présence quasi-systématique de cuivres sur des ponctuations rythmiques (riffs) ou bien des solos, et de manière générale, par la grande place accordée aux instruments.
Contrairement à la soul traditionnelle qui privilégie le format « chanson » et le tandem chanteur-producteur, un morceau funk est une œuvre collective, construite sur un groove extensible et modulable à volonté qui permet aux vocalistes et instrumentistes d'intervenir à parts égales.
On distingue plusieurs écoles de funk:
• Au début des années 1960, le funk garde encore une bonne part de ses racines rhythm'n'blues et soul, et les paroles insistent sur la défense des Noirs. James Brown en sera le parrain, qu'on surnommera d'ailleurs « The Godfather Of Funk ». En réalité, le véritable inventeur du funk fut plutôt son saxophoniste Maceo Parker. Dans cette veine, citons aussi The Meters, un groupe de La Nouvelle-Orléans, ville autrefois française dont l'histoire musicale et l'existence de son carnaval prédisposaient à être un des berceaux du funk. L'instrumentation y est dépouillée, le jeu y est débridé et foisonnant, l'esprit reste rhythm'n'blues. On parle de la vie de tous les jours, des difficultés du ghetto.
• Vers la fin des années 1960, durant toutes les années 1970 et jusqu'au début des années 1980, un autre style se déploie, qui prend ses distances avec la réalité. Amorcé par le funk psychédélique assaisonné au rock de Sly & The Family Stone, il aboutira a la naissance de la galaxie P-Funk (pour Pure Funk) de George Clinton qui mélangera toutes les influences du moment à un groove irrésistible. Parliament, Funkadelic, P-Funk Allstars : ces groupes s'amusent a imaginer qu'ils débarquent d'un vaisseau spatial pour libérer les humains des forces négatives d'un monde sans funk ! Le nom des tournées est éloquent: « The P-Funk Intergalactic U.S. Tour » par exemple. Orchestre à géométrie variable (parfois plus de 40 musiciens sur scène!),expérimentations sonores, extravagances, délires et drogues à foison. Souvent rejetés par les puristes car flirtant avec des formes plus commerciales comme le disco, des groupes comme Earth, Wind and Fire ou Kool & The Gang jouent une musique sophistiquée, dans laquelle la production prend une place plus déterminante.
• A la fin des années 70, le recours aux boîtes à rythme, aux platines vyniles et aux dernières générations de synthétiseurs est concomitante à la disparition des grands funkbands devenus trop chers à produire en concert. Armés de platines bricolées, les premiers Dj, comme Grand Master Flash, jouent les disques de funk de leur enfance en les triturant via des tables de mixages et inventent les premières techniques de scratching. C'est la relève : les groupes comme Sugarhill Gang, Troublefunk,et bien d'autres seront la base funky de la future révolution hip-hop. Finis les textes cosmiques et autres délires psychédéliques, la jeune génération reparle du ghetto et de son quotiden. On se trouve à la charnière entre le funk et le hip hop, dont le meilleur exemple est le fameux « Rapper's Delight » de Sugarhill Gang, ou l'énorme « Drop the Bomb » de Troublefunk. Ils ouvriront la voie aux véritables premières stars du hip hop : KRS-One, Public Enemy...
• Les années 1980 marquent la dernière étape de l'évolution du funk. Le genre s'oriente alors vers l'électronique, les beats sont plus étayés avec un jeu basé sur la grosse caisse, la caisse claire et le charley. La basse, dont l'apogée pourrait être l'année 1982 (voir le LP de Stanley Clarke Let me know you) et le synthétiseur, beaucoup plus marqué en 1984, forment l'essence de la mélodie. Des sons caractéristiques - ces petits sons fuyants et entraînants - sont depuis samplés et réutilisés dans de nombreux genres : pour s'en rendre compte il suffit d'écouter quelques morceaux choisis de rap West Coast, qui réutilisent de nombreux sons et morceaux.
Un déclin relatif du funk - ou son recyclage ? - s'amorce en 1985, qui voit la naissance de l'électro avec des artistes comme Colonel Abrams. En 1988-1989, la naissance du New Jack Swing et de la Dance incarnée par le célèbre My love Is Right contribue à son éclipse.
Aujourd'hui, le funk reste un genre qui insémine de nombreux morceaux : l'écoute successive de Atomic Dog de Funkadelic (1982), puis de What's my name de Snoop Doggy Dogg en est un bel exemple.
Les disques de la grande époque funk attirent toujours de nombreux amateurs, comme en témoignent les nombreux vynils qui circulent sur les sites d'enchères ainsi que le nombre de conventions discographiques en France, qui réunissent les passionnés.
Quelques artistes
Alec Mansion
Ago
Babe Ruth
Bar-Kays
Billy Ocean
Bloodstone
Bootsy Collins
Booker Jameson
Brenda Fassie
Cameo
Change
Chemise
Cheri
Chic
Chocolate Milk
Cookie
Cory Daye
Curtis Mayfield
Cymande
James "D-Train" Williams
Delegation
Double Journey
Earth, Wind and Fire
Flowchart
Freeez
George Duke
George Clinton
Gwen McCrae
Harvey Manson
Haywoode
Headhunters
Heat Wave
High Fashion
Howard Johnson
Intrigue
Intruders
James Brown
Jimmy Horne
Jones Girls
Lakeside
Luther Vandross
Kool & The Gang
Lakeside
Maceo Parker
Mandrill
Mary Jane Girls
Meters
Mtume
Mystic Merlin
Ohio Players
O'Jays
Oliver Cheatam
One Way
Parliament/Funkadelic
Prince
Rick James
Roy Ayers
Shalamar
Secret Weapon
Sister Sledge
Skyy
Slick
Sly & The Family Stone
SOS Band
Stanley Clarke
Starpoint
The Brothers Johnson
The Brooklyn Bronx & The Queen Band
The Meters
War
Young & Company
Zapp
Définition de la musique Funk
| Ses origines sont lointaines, et le terme funk servait déjà en 1950-60 à baptiser le grand retour du jazz à l'engagement physique du blues et du gospel. Un batteur comme Art Blakey avec ses tournures musicales proche de la transe, est l'exemple d'un jazzman qui a jeté les bases d'un style nouveau. L'incontestable père du funk est bien évidemment the godfather of soul : James Brown, et la plupart de ses musiciens ont un rôle à jouer dans l'évolution de ce courant. Son ex-bassiste, Bootsy Collins anime, avec le chanteur George Clinton la communauté de Detroit baptisée " P.Funk ", véritable groupe surréaliste générateur de deux des meilleurs orchestres du genre, Funkadelic et Parliament. Anciens musiciens de James, Fred Wesley, Maceo Parker et Pee Wee Ellis, alias les JB's pour un temps, ont eux aussi leurs influences. |
